Deux frères photographes parcourent l'Inde à moto sur deux Royal Enfield Bullet 350cc

De ses deux précédents voyages en Inde, mon frère était revenu avec la même idée, y voyager à moto.
Notre profession commune de photographes nous permet, un beau jour d’Octobre, d’atterrir à New Dehli pour un reportage de fond au coeur de l’Inde.
Seul moyen de locomotion : des Royal Enfield Bullet indiennes, achetées sur place. Première partie d’un voyage d’émotions et de frissons.

L’inde est déjà tellement surprenante que le simple fait de se retrouvre sur cette machine, au feeling très British, a de quoi provoquer des émotions quand on sort pour la première fois dans Old Dehli.

Autobus, fumées noires de diesels mal réglés, rickshaws, chars à boeufs, voitures à bras, piétons, bouches d’égoûts sans plaque, nids de poule, scooters etc. Pas de panique ! Mon coup de kick est encore hasardeux et il ne faut surtout pas caler. Comme tous ici, nous devons tours rouler à gauche, le séleccteur de vitesse se trouve à droite et la première en haut, avec des points morts un peu partout. Cette Bullet est ma première moto (je n’ai même pas le permis) , et mon expérience du 103 Peugeot dans les embouteillages parisiens m’est bien utile.  Pierre, qui a vécu aux Etats-Unis ces dernières années et roulé en Yamaha 650 Special, s’adapte paradoxalement moins bien à l’anarchie du trafic. A Delhi, nous avons acheté les Bullet Deluxe et accessoires obligatoires (dont le fameux protège-roue pour le sari des femmes que nous nous empresserons d’ôter) pour à peu près 27 000 roupies (3 roupies = 1 franc = 0,011 euro) “clés en main”. L’achat ne se fait pas n’importe où mais dans le magasin officiel , “Enfield Autorised Dealer”.

Bloqué sur des rails de chemins de fer...
Dix jours après notre arrivée, nous décidons d’aller au Népal, histoire de s’offrir des vacances, avant d’attaquer le reprotage qui nous ramènera au coeur de l’Inde. La Bullet est d’autant plus confortable qu’elle est chargée. 
Outre nos effets personnels, nous avons chacun 7kg de matériel photo et 3kg de films. Ca prend de la place et de plus, nous n’avons pas trouvé de tendeurs solides à Delhi. Quant à la ficelle, c’est une source d’ennuis ! Vitesse de croisière : 40 à 50km/h selon les conseils du constructeur et ce, pendant les 4 000 premiers kilomètres. La carte ne nous convenant guère, nous prenons le cap nord-est à la boussole. L’allure est largement suffisante, puisqu’il y a sur cette route, moins de goudron que de nids de poule.
A une heure de Delhi, en pleine campagne, le pire sera évité. Sous un pont en construction, des voies de chemin de fer traversant un agglomération et notre route. Banal, n’est-ce pas ? Mais avez-vous déjà traversé des rails de 15cm de haut non aménagés, avec une moto plutôt chargée ? D’autant que l’espace entre ces deux énormes de fer correspond à l’entre-axe des roues de la moto. Histoire d’arranger les choses, mon accélérateur se bloque plein gaz, ce qui m’oblige à couper le moteur. Devant, Pierre franchit sa deuxième série de rails tant bien que mal. Un train arrive juste à ce moment, lentement c’est vrai, mais sûrement. vers moi ou vers Pierre ? Pas de panique mais des images qui entraînent quelques sueurs; voyage-foutu-moto-sous-le-train. Je peux encore sauver le matériel photo... Non, il va vers Pierre, qui passe la dernière série en biais, se dirige vers une pile du pont, et se plaque au mur. Le train le frôle. d’habitude, les passagers accrochent de gros bagages et bidons en tous genre à l’extérieur du train. Entre les boogies, je surveille mon frère. Ouf, il est sauf. Il s’agit maintenant de réparer la moto.Le câble et la gaine d’accélération se sont coincés entre le cadre et le réservoir. Nous dégageons enfin de chantier, car du béton frais commence à pleuvoir du pont. A la sortie de ce village, une route rejoint la nôtre, sans doute la déviation qui permettait d’éviter la voie ferrée. Pas de commentaires SVP.

Ce triporteur quelque peu surchargé est construit sur une base de Royal Enfield

L'inde à moto

Périple motard en Inde

Seconde usine de production des motos Royal Enfield à Oragadam (Tamil Nadu) en 2013.

 

En 2017, c'est à nouveau près de Chennai que se construit une troisième usine de production, à Vallam.

La Royal Enfield Bullet ne répondant pas aux normes de pollution va voir sa production stoppée.

 

D'autres modèles plus récents vont être mis en avant comme la Royal Enfield Himalayan.

 

La moto électrique est également un point de R&D important chez Royal Enfield.

Site officiel Royal Enfield : https://www.royalenfield.com/fr/fr/motorcycles/

Charles Crié

Pierre Crié